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URSSAF & cotisations

Congé maternité et paternité en micro-entreprise : conditions, montants, démarches

Les conditions pour être indemnisé, les montants 2026, la durée du congé, le nouveau congé supplémentaire de naissance et les erreurs qui font perdre une partie des droits.

En bref : après 6 mois d'affiliation, une micro-entrepreneuse qui cesse son activité au moins 8 semaines touche en 2026 une allocation forfaitaire de 4 005 € et 65,84 € par jour de congé. Le père ou le second parent indépendant touche 65,84 € par jour pendant 25 jours au plus. Sous 4 582 € de revenu annuel moyen, ces montants sont divisés par 10.

Comme une salariée, une micro-entrepreneuse a droit à un congé maternité indemnisé par l'Assurance Maladie. Mais les règles ne sont pas les mêmes : l'indemnité ne dépend pas de votre chiffre d'affaires, sauf s'il est très faible, et vous devez réellement arrêter de travailler pendant une durée minimale. Le père, ou le second parent, a lui aussi droit à un congé indemnisé s'il est micro-entrepreneur.

Ce guide détaille les conditions, les montants applicables en 2026, la durée du congé et les démarches. Ces prestations sont financées par les cotisations que vous versez à l'Urssaf : voir notre guide des cotisations URSSAF du micro-entrepreneur.

Les conditions pour être indemnisé

Les règles sont les mêmes pour toutes les micro-entreprises : vente, prestations de services artisanales ou commerciales, professions libérales (qu'elles relèvent de la Sécurité sociale des indépendants ou de la Cipav). Pour être indemnisé, il faut :

  • être affilié depuis au moins 6 mois à la Sécurité sociale en tant que travailleur indépendant, à la date présumée de l'accouchement (ou au début du congé pour le père ou le second parent) ;
  • cesser toute activité pendant le congé : pas de prestation, pas de vente, pas de nouveau devis ;
  • pour la mère, arrêter au moins 8 semaines, dont 6 semaines après l'accouchement. En dessous, les indemnités journalières ne sont pas versées.

Les prestations sont versées par votre caisse primaire d'assurance maladie (CPAM), et non par l'Urssaf.

Congé maternité : les deux prestations versées

La micro-entrepreneuse reçoit deux sommes différentes, qui se cumulent.

1. L'allocation forfaitaire de repos maternel

Son montant est égal au plafond mensuel de la Sécurité sociale de l'année du premier versement, soit 4 005 € en 2026. Elle est versée en deux fois :

  • la moitié (2 002,50 €) au début du congé ;
  • l'autre moitié à la fin de la période minimale d'arrêt de 8 semaines.

Si l'accouchement a lieu avant la fin du 7ᵉ mois de grossesse, elle est versée en une seule fois après la naissance.

2. Les indemnités journalières forfaitaires

Pour chaque jour de congé, vous recevez une indemnité journalière égale à 1/730 du plafond annuel de la Sécurité sociale, soit 65,84 € par jour en 2026. Contrairement à l'arrêt maladie, ce montant ne dépend pas de votre chiffre d'affaires : il est le même pour toutes, sauf revenus très faibles (voir ci-dessous).

Le montant réduit en cas de revenus faibles

Si votre revenu d'activité annuel moyen des 3 dernières années est inférieur à 4 582 € (10 % du plafond annuel de la Sécurité sociale), l'allocation et les indemnités sont réduites à 10 % de leur montant :

Prestation (2026)Revenu moyen d'au moins 4 582 €Revenu moyen inférieur à 4 582 €
Allocation forfaitaire de repos maternel4 005 €400,50 €
Indemnité journalière (maternité ou paternité)65,84 € par jour6,58 € par jour

En micro-entreprise, ce revenu n'est pas votre chiffre d'affaires : c'est votre chiffre d'affaires diminué de l'abattement forfaitaire de votre activité (71 % pour la vente, 50 % pour les services BIC, 34 % pour les professions libérales). Voir notre guide sur l'abattement forfaitaire en micro-entreprise. En pratique, le seuil de 4 582 € correspond à un chiffre d'affaires annuel moyen d'environ 15 800 € en vente de marchandises, 9 164 € en prestations de services BIC et 6 943 € en profession libérale. Ces repères sont calculés par Micropedia ; seule votre CPAM fixe officiellement vos droits.

Combien de temps dure le congé maternité ?

Les travailleuses indépendantes peuvent être indemnisées sur les mêmes durées que les salariées. La durée dépend du nombre d'enfants :

SituationAvant l'accouchementAprès l'accouchementTotal
1ᵉʳ ou 2ᵉ enfant6 semaines10 semaines16 semaines (112 jours)
3ᵉ enfant ou plus (2 enfants déjà nés)8 semaines18 semaines26 semaines
Jumeaux12 semaines22 semaines34 semaines
Triplés ou plus24 semaines22 semaines46 semaines

Vous pouvez reprendre plus tôt, mais jamais avant 8 semaines d'arrêt, dont 6 après la naissance. C'est le minimum pour toucher les indemnités journalières et la seconde moitié de l'allocation. Si l'enfant naît avant la date prévue, la durée totale reste en principe la même : la période après la naissance est allongée d'autant. En cas de grossesse pathologique ou d'hospitalisation de l'enfant, renseignez-vous auprès de votre CPAM sur les prolongations possibles.

Congé paternité et d'accueil de l'enfant

Le père micro-entrepreneur, ou la personne qui vit en couple avec la mère (conjoint, partenaire de Pacs ou concubin), peut recevoir des indemnités journalières s'il cesse son activité. Peu importe le statut de la mère : salariée, indépendante ou sans activité.

  • Montant : 65,84 € par jour en 2026, ou 6,58 € si son revenu annuel moyen est inférieur à 4 582 €.
  • Durée maximale : 25 jours, ou 32 jours en cas de naissances multiples.
  • Durée minimale : 7 jours, à prendre immédiatement à compter de la naissance.
  • Fractionnement : le congé peut être découpé en 3 périodes au plus, d'au moins 5 jours chacune, toutes prises dans les 6 mois qui suivent la naissance.

Il n'y a pas d'allocation forfaitaire pour le père ou le second parent : seulement les indemnités journalières.

En cas d'adoption

Le parent adoptant indépendant reçoit une allocation forfaitaire égale à la moitié de celle de la maternité (2 002,50 € en 2026), versée à l'arrivée de l'enfant, à condition que l'autre parent ne l'ait pas déjà perçue. Des indemnités journalières de 65,84 € par jour sont aussi versées pendant le congé d'accueil.

Le congé supplémentaire de naissance depuis le 1ᵉʳ juillet 2026

Créé par la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026, le congé supplémentaire de naissance s'ajoute aux congés maternité, paternité ou d'adoption. Il est ouvert à chacun des deux parents, y compris lorsqu'ils sont travailleurs indépendants.

  • Enfants concernés : nés ou adoptés depuis le 1ᵉʳ janvier 2026 (y compris les enfants prématurés dont la naissance était prévue à partir de cette date).
  • Durée : 1 ou 2 mois, que vous pouvez prendre en une fois ou en deux périodes d'un mois.
  • Délai : dans les 9 mois qui suivent la naissance ou l'arrivée de l'enfant. Pour un enfant né entre le 1ᵉʳ janvier et le 30 juin 2026, le délai court à partir du 1ᵉʳ juillet 2026, soit jusqu'au 31 mars 2027.
  • Montant en 2026 : 46,09 € bruts par jour le 1ᵉʳ mois (70 % de 65,84 €), puis 39,50 € bruts par jour le 2ᵉ mois (60 %). Sous 4 582 € de revenu annuel moyen, l'indemnité est de 6,58 € par jour pour les deux mois.
  • Conditions : 6 mois d'affiliation à la date de début du congé, et ne pas exercer d'activité pendant le congé.

Cette indemnité ne se cumule pas avec les indemnités journalières de maladie ou de maternité, ni avec l'allocation chômage (ARE). Si vous cumulez votre micro-entreprise avec l'ARE, voir notre guide sur le cumul de l'ARE et de la micro-entreprise.

Exemples de calcul

Exemple 1 : graphiste en prestations de services BIC, 1ᵉʳ enfant, congé complet

  • Chiffre d'affaires moyen : 24 000 € par an, soit 12 000 € après abattement de 50 %, au-dessus du seuil de 4 582 €
  • Allocation forfaitaire : 4 005 €
  • Indemnités journalières : 112 jours × 65,84 € = 7 374,08 €
  • Total : 4 005 + 7 374,08 = 11 379,08 € bruts

Si elle reprend au bout de 8 semaines seulement : 56 jours × 65,84 € = 3 687,04 €, plus l'allocation de 4 005 €, soit 7 692,04 €.

Exemple 2 : vendeuse en ligne, 15 000 € de ventes chaque année

  • Revenu après abattement de 71 % : 15 000 × 29 % = 4 350 €, inférieur au seuil de 4 582 €
  • Allocation forfaitaire réduite : 400,50 €
  • Indemnités journalières réduites : 112 jours × 6,58 € = 736,96 €
  • Total : 1 137,46 € bruts pour 16 semaines

À cause de l'abattement de 71 %, un chiffre d'affaires qui paraît correct peut faire passer sous le seuil et diviser les prestations par 10.

Exemple 3 : père consultant en profession libérale, congé paternité complet

  • Chiffre d'affaires moyen : 30 000 € par an, soit 19 800 € après abattement de 34 %
  • Indemnités journalières : 25 jours × 65,84 € = 1 646 € bruts
  • S'il prend ensuite 30 jours de congé supplémentaire de naissance en 2026 : 30 × 46,09 € = 1 382,70 € bruts en plus

Les démarches

  1. Déclarez votre grossesse dans les 14 premières semaines. Le médecin ou la sage-femme qui réalise le premier examen prénatal peut la transmettre en ligne : elle est alors envoyée automatiquement à votre caisse d'assurance maladie et à votre CAF.
  2. Prévoyez la cessation d'activité. Informez vos clients, reportez vos chantiers ou missions et suspendez vos ventes en ligne pour toute la durée du congé.
  3. Suivez votre dossier avec votre CPAM, depuis votre compte ameli : c'est elle qui vous indique les justificatifs à fournir et verse l'allocation et les indemnités. Pour le congé paternité, faites la demande auprès de votre propre CPAM.
  4. Pour le congé supplémentaire de naissance, faites la demande en ligne sur demarche.numerique.gouv.fr (service « Demande de congé supplémentaire de naissance »), au plus tard la veille du début du congé. Préparez votre numéro de sécurité sociale, un extrait d'acte de naissance, la date de votre dernier jour travaillé et une attestation de suspension temporaire d'activité.
  5. Continuez à déclarer votre chiffre d'affaires à l'Urssaf à chaque échéance, même s'il est nul. La déclaration à 0 € ne génère aucune cotisation : voir comment déclarer un chiffre d'affaires à zéro.

Les erreurs fréquentes

  • Reprendre avant 8 semaines → aucune indemnité journalière et perte de la seconde moitié de l'allocation → planifier au moins 8 semaines d'arrêt, dont 6 après la naissance.
  • Continuer à travailler « un peu » pendant le congé → indemnités remises en cause → suspendre toute activité, y compris les ventes en ligne automatiques.
  • Raisonner sur le chiffre d'affaires → se croire au-dessus du seuil de 4 582 € → appliquer d'abord l'abattement de votre activité.
  • Créer sa micro-entreprise trop tard → moins de 6 mois d'affiliation à la date prévue de l'accouchement → interroger votre CPAM sur vos droits issus d'une activité antérieure (salariat, chômage).
  • Oublier le délai du congé supplémentaire de naissance → droit perdu après 9 mois → pour un enfant né au 1ᵉʳ semestre 2026, démarrer le congé au plus tard le 31 mars 2027.
  • Arrêter de déclarer à l'Urssaf → pénalité pour déclaration manquante → déclarer 0 € à chaque échéance.

Préparer le congé financièrement

Pour un congé de 16 semaines, les prestations atteignent au plus 11 379,08 € bruts en 2026, quel que soit votre chiffre d'affaires habituel. Si vous gagnez davantage, la baisse de revenu sera nette : anticipez en mettant de côté une partie de vos encaissements dans les mois qui précèdent. Pour le reste de votre protection sociale, voir aussi notre guide sur l'arrêt maladie du micro-entrepreneur, qui obéit à des règles différentes (12 mois d'affiliation, 3 jours de carence, indemnité proportionnelle au revenu).

Sources officielles

Liens vers les sites de l'administration, consultés le 3 novembre 2026. Les règles et montants pouvant évoluer, vérifiez toujours la version en vigueur à la source.

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