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Cumuler chômage (ARE) et micro-entreprise : calcul, plafond de 60 % et ARCE

Combien France Travail vous versera chaque mois, jusqu'à quand, et s'il vaut mieux demander l'ARCE en capital.

En bref : vous pouvez créer votre micro-entreprise et continuer à toucher une partie de votre allocation chômage (ARE). Chaque mois, France Travail déduit 70 % de votre revenu (chiffre d'affaires moins l'abattement forfaitaire). Le cumul s'arrête quand 60 % des droits qui vous restaient à la création sont consommés. Autre option : l'ARCE, versée en capital.

Se lancer en micro-entreprise pendant une période de chômage est l'une des situations les plus courantes. Les règles ont changé en avril 2025, et beaucoup de sites les décrivent mal. Voici le calcul officiel, avec des exemples, et ce qu'il faut choisir. Ce guide fait partie de notre dossier pour créer sa micro-entreprise.

Peut-on toucher le chômage en créant sa micro-entreprise ?

Oui. Toute personne qui perçoit l'allocation d'aide au retour à l'emploi (ARE) peut en cumuler une partie avec les revenus de sa micro-entreprise, quel que soit leur montant, à trois conditions :

  • rester inscrit à France Travail et s'actualiser chaque mois ;
  • déclarer sa création d'entreprise et ses revenus ;
  • ne pas dépasser, allocation et revenus réunis, son ancien salaire mensuel de référence.

Le cumul est ouvert à tous les créateurs, qu'ils aient obtenu l'ACRE ou non.

Comment France Travail calcule votre allocation

Votre revenu retenu : le chiffre d'affaires moins l'abattement

Pour un micro-entrepreneur, France Travail ne retient pas tout le chiffre d'affaires. Il en retire l'abattement forfaitaire pour frais professionnels : 71 % pour la vente et la fourniture de logement, 50 % pour les autres activités BIC, 34 % pour les activités libérales (BNC), avec un abattement minimum de 305 €.

La formule officielle

Chaque mois, le nombre de jours indemnisés (J) se calcule ainsi :

J = [ARE mensuelle − (chiffre d'affaires − abattement) × 0,70] ÷ allocation journalière

J est arrondi à l'entier le plus proche, puis multiplié par votre allocation journalière pour obtenir le montant versé.

Le plafond : votre ancien salaire

Allocation et revenus réunis ne peuvent pas dépasser votre ancien salaire brut mensuel de référence (salaire journalier de référence × 30,42).

Quatre exemples chiffrés

Pour tous les exemples : une allocation journalière de 40 €, soit 1 200 € pour un mois de 30 jours.

ProfilChiffre d'affaires du moisRevenu retenuCalcul de JARE versée
Graphiste (libérale, abattement 34 %)1 500 €990 €(1 200 − 693) ÷ 40 = 12,7 → 13 jours520 €
Plombier (services BIC, 50 %)3 000 €1 500 €(1 200 − 1 050) ÷ 40 = 3,75 → 4 jours160 €
Vendeuse en ligne (vente, 71 %)2 000 €580 €(1 200 − 406) ÷ 40 = 19,85 → 20 jours800 €
Mois sans chiffre d'affaires0 €0 €1 200 ÷ 40 = 30 jours1 200 €

Les jours non versés ne sont pas perdus : ils restent dans vos droits et allongent la durée pendant laquelle vous pouvez être indemnisé, dans la limite de la règle des 60 % ci-dessous. La graphiste, qui n'a consommé que 13 jours ce mois-là, garde 17 jours de droits en réserve.

La règle des 60 % depuis avril 2025

Ce que veut dire « 60 % du reliquat »

Depuis avril 2025, le cumul n'est plus possible jusqu'à la fin de vos droits. Il est possible tant que 60 % des droits qui vous restaient au jour de la création n'ont pas été consommés. Ce n'est pas un plafond sur le montant mensuel, contrairement à ce qu'on lit souvent.

Exemple : au jour de la création, il vous restait 450 jours de droits à 40 €, soit 18 000 €. Le cumul est possible jusqu'à ce que 60 % de ce reliquat, soit 10 800 € (270 jours), aient été versés. Si vous consommez en moyenne 15 jours par mois, cela représente environ 18 mois de cumul.

Quand le plafond est atteint

Les versements d'ARE s'arrêtent. Vous pouvez faire une demande exceptionnelle de poursuite auprès de l'instance paritaire régionale (IPR) de France Travail, si vous justifiez que votre activité se poursuit et que vous n'en avez tiré aucun revenu depuis la création.

Les 40 % restants si vous arrêtez

Si vous cessez définitivement votre activité, le versement des 40 % restants de vos droits peut reprendre. Dans l'exemple, ce sont 7 200 €.

Déclarer chaque mois à France Travail

Lors de votre actualisation mensuelle, vous déclarez le chiffre d'affaires du mois. Trois situations :

  • Vous déclarez et justifiez votre chiffre d'affaires : l'allocation est calculée avec la formule ci-dessus.
  • Vous le déclarez sans pouvoir encore le justifier : vous recevez une avance calculée sur 80 % des jours indemnisables, et le complément une fois les justificatifs fournis.
  • Vous ne connaissez pas encore votre chiffre d'affaires : vous recevez une allocation provisoire égale à 70 % de votre ARE mensuelle, régularisée chaque année d'après vos déclarations à l'URSSAF.

Conseil : optez pour une déclaration URSSAF mensuelle. Votre chiffre d'affaires est alors connu chaque mois, et vous évitez les régularisations annuelles, parfois à rembourser. Même un mois sans chiffre d'affaires, pensez à déclarer un chiffre d'affaires à zéro à l'URSSAF.

Cumul ou ARCE : que choisir ?

Au lieu du cumul mensuel, vous pouvez demander l'ARCE (aide à la reprise ou à la création d'entreprise) : 60 % de vos droits restants versés en capital, moins une retenue de 3 % pour la retraite complémentaire, en deux fois à 6 mois d'intervalle. Il faut pour cela avoir obtenu l'ACRE. Le second versement suppose que l'activité continue et que vous n'occupiez pas un emploi en CDI à temps plein.

Avec 18 000 € de droits restantsCumul ARE et revenusARCE (capital)
Montant maximalJusqu'à 10 800 €, selon vos revenus mois par moisEnviron 10 476 € (10 800 € moins 3 %)
VersementChaque mois, en complément de vos revenusEnviron 5 238 € au démarrage, puis 5 238 € six mois plus tard
ConditionRester inscrit et s'actualiserAvoir obtenu l'ACRE
RetraiteLes périodes indemnisées comptent pour la retraitePas de trimestres validés au titre du chômage
Si l'activité s'arrêteReprise des 40 % restantsReprise des 40 % restants, après un délai
  • Le cumul convient mieux si vos revenus démarrent lentement ou sont irréguliers : l'allocation complète vos mois creux.
  • L'ARCE convient mieux si votre activité génère vite des revenus élevés (le cumul vous verserait alors peu), ou si vous avez besoin d'une somme pour investir au démarrage.

ACRE et chômage

En tant que demandeur d'emploi indemnisé, vous faites partie des publics éligibles à l'ACRE, qui réduit vos cotisations sociales de 25 % la première année (création depuis le 1ᵉʳ juillet 2026). Elle se demande à l'URSSAF dans les 60 jours suivant le début d'activité. L'ACRE et le cumul de l'ARE se combinent. Pensez à la demander en même temps que votre immatriculation.

Les erreurs fréquentes

  • Croire que le cumul dure jusqu'à la fin des droits → arrêt des versements inattendu → suivre la consommation de vos 60 % du reliquat.
  • Déclarer un montant déjà diminué de l'abattement → abattement appliqué deux fois, allocation trop élevée puis réclamée → déclarer le chiffre d'affaires du mois, celui déclaré à l'URSSAF, sauf consigne contraire de France Travail.
  • Choisir la déclaration URSSAF trimestrielle → paiements provisoires et régularisation annuelle → préférer le mensuel pendant la période de cumul.
  • Demander l'ARCE sans avoir obtenu l'ACRE → demande refusée → déposer la demande d'ACRE dans les 60 jours.

Pour estimer vos cotisations URSSAF en parallèle, utilisez notre simulateur de cotisations.

Sources

Sources consultées le 8 octobre 2026. Votre situation précise (montant de l'allocation, reliquat, salaire de référence) figure dans votre espace France Travail : en cas de doute, interrogez votre conseiller.

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