Barème progressif ou versement libératoire : lequel choisir ?
Les deux options pour payer votre impôt sur le revenu, et comment trancher selon votre situation.
Le versement libératoire est en général plus avantageux si votre tranche marginale d'imposition (TMI) est égale ou supérieure à 11 %.
En dessous, le barème progressif classique, appliqué par défaut, reste souvent la meilleure option.Le mauvais choix entre ces deux options ne se voit pas tout de suite : il coûte simplement plus cher, discrètement, chaque année. Voici comment trancher correctement.
Deux façons de payer son impôt sur le revenu
En micro-entreprise, votre bénéfice imposable est toujours calculé après application d'un abattement forfaitaire. Reste à choisir comment cet impôt est réglé : au barème progressif classique, ou via le versement libératoire, une option à taux fixe payée en même temps que vos cotisations sociales.
Le barème progressif classique
Par défaut, votre bénéfice imposable (chiffre d'affaires diminué de l'abattement forfaitaire) est ajouté à vos autres revenus du foyer et imposé selon le barème progressif de l'impôt sur le revenu, par tranche. C'est le régime qui s'applique automatiquement si vous n'avez rien demandé de particulier — aucune démarche à faire pour en bénéficier.
Le versement libératoire, plus avantageux dans certains cas
Le versement libératoire fige le taux d'imposition indépendamment de vos autres revenus. Il est en général plus intéressant si votre tranche marginale d'imposition (TMI) est égale ou supérieure à 11 %, ou si vous préférez lisser le paiement de l'impôt tout au long de l'année plutôt que de le régler en une fois lors de la déclaration annuelle.
Comment trancher ?
Simulez les deux options avec votre chiffre d'affaires prévisionnel et votre TMI actuelle. Au-delà d'un certain niveau de revenu du foyer, le barème progressif redevient souvent plus favorable que le taux fixe du versement libératoire — d'où l'intérêt de refaire le calcul chaque année, surtout si vos revenus ou ceux de votre foyer évoluent.
Un exemple pour illustrer
Un développeur freelance (BIC services) avec une TMI à 30 % paiera généralement moins cher avec le versement libératoire (taux fixe de 1,7 % du chiffre d'affaires) qu'avec le barème progressif appliqué à son bénéfice imposable après abattement. À l'inverse, un foyer non imposable (TMI 0 %) n'a aucun intérêt au versement libératoire : il paierait un impôt qu'il n'aurait pas eu à régler au barème progressif.
Ce qui ne change pas selon l'option choisie
Quel que soit votre choix, vos cotisations sociales URSSAF restent calculées de la même façon, sur votre chiffre d'affaires encaissé. Seul le mode de calcul et de paiement de l'impôt sur le revenu diffère entre les deux options — ce n'est jamais votre régime social qui est concerné.
Tableau récapitulatif
| Critère | Barème progressif | Versement libératoire |
|---|---|---|
| Application | Par défaut, automatique | Sur option, à demander |
| Calcul | Par tranche, avec les autres revenus du foyer | Taux fixe sur le chiffre d'affaires |
| Paiement | Lors de la déclaration annuelle | Lissé, avec les cotisations sociales |
| Avantageux si | TMI faible ou nulle | TMI ≥ 11 % |
| Condition d'accès | Aucune | Revenu fiscal de référence sous plafond |
Checklist
- Identifier votre tranche marginale d'imposition actuelle
- Simuler les deux options avec votre chiffre d'affaires prévisionnel
- Vérifier votre éligibilité au versement libératoire (revenu fiscal de référence)
- Refaire le calcul chaque année, surtout en cas de changement de revenus
- Ne pas confondre ce choix avec celui des cotisations sociales, inchangées dans les deux cas